de la croisée des sources

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Terre-neuve

L'ELEVAGE DE TERRE NEUVE DANS LE JOURNAL SUD OUEST

SAINT-CHRISTOLY-DE-BLAYE.



Son défi permanent






Jack et Caporal sont gentil


s et affectueux mais un peu turbulents. Et forcément, lorsque ces boules de poils noirs d'environ 60 kilos, et pas encore adultes, témoignent leur affection débordante, cela peut être... sportif. Mais Céline Perrussel ne s'en laisse pas compter. C'est elle le maître et elle impose sans difficulté son autorité à ses « gros nounours ». Céline aime ses chiens, et grâce à eux, réalise un rêve, être éleveur de Terre-Neuve (1).


« J'ai découvert ce chien à 18 ans et j'en ai eu un à 23. » Elle l'affirme, elle a été tout de suite « mordue », non pas par un chien, mais de cette race. Et de cette passion, dévorante, elle a décidé d'en faire un métier. « C'est un chien doux qui apprend vite. C'est un sauveteur. Il protège l'homme et les enfants. »


Certificat d'élevage


Pour concrétiser son envie, Cécile a suivi une formation poussée. « À la base, j'ai un BTS agricole, puis j'ai suivi une formation commerciale. Mais pour ouvrir mon élevage, j'ai dû passer un certificat d'élevage, une formation de presque une semaine près de Toulouse. » Forte de ce bagage, elle débute, il y a maintenant deux ans, son aventure sur les six hectares de son royaume où s'ébattent ses sujets.


« J'ai commencé avec quatre chiennes et un mâle. Pour pouvoir avoir un revenu proche du Smic, il faut environ 45 petits par an. » Sa première année d'activité a été une réussite en terme de reproduction, mais non sans mal. Une des préoccupations de Céline est d'éviter la consanguinité. Pour cela, elle n'hésite pas à recourir aux techniques les plus modernes : « Je me suis fait livrer du sperme d'un mâle venant d'un élevage de l'Isère », explique t-elle.


Mais le paquet se perd dans les méandres du tri postal et Céline a dû se déplacer sur Bordeaux pour tenter de récupérer la précieuse semence, tant qu'elle était encore exploitable. Les techniques plus « traditionnelles » ont également cours dans son élevage, tout en se souciant de la santé de ses étalons.


Travail avec un éducateur


« Je fais parfois pratiquer l'insémination artificielle entre mon reproducteur, qui est maintenant âgé, et mes femelles, par un vétérinaire de Libourne. »


Elle doit donc embarquer les deux partenaires dans son monospace pour l'opération. Et, elle avoue qu'entre le mâle et la femelle, en chaleur dans la voiture, les voyages sont passablement animés... La gestion de la libido de ses animaux, essentielle dans un élevage, n'est que la partie préliminaire du travail de Céline. La mise bas des chiots, conséquence logique et attendue, est une période d'activité intense.


« La femelle Terre-Neuve est une fainéante. Elle peut avoir dix petits par portée mais peut, en se tournant, en écraser. Après une semaine, elle a tendance à s'en désintéresser. » Afin d'éviter cela, Céline doit dormir près de ses animaux afin de les aider et de s'occuper des petits. Pour la jeune femme, le rôle d'éleveur va au-delà de la mise bas des petits et des premières semaines de vie. « Je travaille avec un éducateur canin afin de pouvoir conseiller les futurs acquéreurs. Un chien, ça s'éduque dès le début. Certains propriétaires, attendris par la grosse boule de poils qu'ils viennent d'acheter, ne le comprennent pas toujours. »


Afin d'optimiser ses structures, elle va débuter avec une autre race de chiens, d'une taille bien moins imposante : les épagneuls tibétains. De plus petits chiens mais toujours autant d'attention et d'amour de la part de Céline.


(1) Renseignements sur Internet à l'adresse http ://croiseedes sources.chiens-de-france.com


Auteur : Martial Maury


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